Le vélo mental : et si vos pensées venaient d'ailleurs ?
Il y a en vous une petite voix qui ne s'arrête jamais. Elle commente, elle anticipe, elle ressasse. Elle revient sur la phrase que vous n'auriez pas dû dire, sur le message resté sans réponse, sur ce qui pourrait mal tourner demain.
Vous la connaissez bien, cette voix. Vous vivez avec elle depuis toujours.
Mais il faut poser une distinction, parce que tout part de là.
Réflexion ou pensée ?
Il y a la réflexion, et il y a la pensée.
La réflexion, c'est cette faculté magnifique qui vous permet de résoudre un problème, de construire un raisonnement, d'inventer, de comprendre. Elle vous obéit. Vous la convoquez quand vous en avez besoin, et elle se retire quand vous la relâchez.
La pensée dont je vous parle n'a rien à voir. C'est le vélo mental. Ce pédalage incessant qui tourne dans le vide, qui n'aboutit à rien, qui recommence en boucle sur les mêmes sujets. Ce n'est pas de l'intelligence. C'est du bruit.
Et ce bruit, quand il devient négatif, vous essayez de lutter contre lui. C'est la première chose que nous faisons tous. Nous voulons qu'il se taise. Nous nous raisonnons, nous cherchons à nous changer les idées. Parfois cela tient une minute, deux minutes, et puis la voix revient, exactement là où elle s'était arrêtée.
Plus vous combattez une pensée, plus elle insiste. Pourquoi ? Parce que vous vous attaquez au mauvais endroit.
La pensée est une conséquence, pas une cause
Voici ce qui va peut-être tout changer pour vous. Ces pensées ne naissent pas dans votre tête. Elles ne sont pas la cause de votre mal-être. Elles en sont la conséquence.
Elles sont appelées, produites par quelque chose qui se passe plus bas, plus profond, dans votre corps. Par un ressenti. Par une émotion.
Nous vivons dans une culture qui a tout misé sur la tête. On nous a appris que penser c'est exister, que la solution à tout se trouve dans le raisonnement. Nous avons fait du mental un roi. Et dans ce sacre, nous avons oublié le corps.
C'est pourtant l'inverse qui est vrai. L'information n'est pas dans la tête. Elle est dans le corps. Ce que vous entendez là-haut n'est qu'une traduction : la mise en mots d'un ressenti qui, lui, a eu lieu plus bas, dans la chair. Le corps sent d'abord. La tête raconte ensuite.
C'est comme lire sans fin le sous-titre en oubliant qu'il y a un film.
L'émotion fabrique la pensée
Avant la pensée, il y a une énergie qui arrive. Une boule dans le ventre. Une oppression dans la poitrine. Une gorge qui se serre. Cette sensation est là avant les mots. Et c'est elle qui va se mettre à fabriquer des pensées.
Prenez l'angoisse. Quand cette oppression s'installe, elle ne reste pas silencieuse. Elle réclame des sujets. Et elle va les trouver, un par un, dans tous les recoins de votre vie. Votre travail devient une menace. Votre couple, une inquiétude. Vos enfants, une source de peur.
Ce n'est pas votre travail qui vous angoisse, ni votre couple, ni vos enfants. C'est l'angoisse qui a besoin de se raconter, et qui emprunte ces visages pour le faire.
La preuve est là, sous vos yeux. Le jour où vous vous réveillez léger, apaisé, ces mêmes sujets ne vous inquiètent plus du tout. Rien n'a changé dans votre vie. C'est le ressenti qui a changé. Et quand le ressenti change, les pensées changent de nature avec lui, immédiatement.
C'est le point de départ de tout le reste. Si les pensées ne sont qu'une conséquence, alors ce n'est pas là qu'il faut agir. La vraie porte est ailleurs et nous l'ouvrirons ensemble dans les prochaines éditions.
Premier volet d'une série sur le leadership intérieur.




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