Jeu pour les vacances: « Et alors ? » désamorcer une attaque verbale (pour vous, ou avec vos enfants)
- Sonia Grimm

- 14 juil.
- 2 min de lecture
Beaucoup de gens ne savent pas quoi faire face à une remarque blessante.
Une pique d'un collègue. Un mot de trop en famille. Une moquerie dans la cour de récréation.
Sur le moment, on se vexe, on se justifie, on riposte. Et le plus souvent, ça ne fait qu'aggraver les choses.
Pourtant, il existe une manière très simple de désamorcer ces attaques. Elle s'apprend, elle se pratique et elle fonctionne aussi bien pour un enfant que pour un adulte.
Cet été, avec vos enfants à la maison, c'est le moment idéal pour l'apprendre. Ensemble. En jouant. Et vous verrez qu'en la leur transmettant, c'est souvent vous-même que vous aidez.
Voici le jeu.
Installez-vous à deux et expliquez que vous allez faire un petit théâtre.
Première scène. L'autre dit des choses un peu méchantes - pour de faux, c'est un jeu. Et celui qui reçoit réagit comme on réagit tous, spontanément : il est touché. « Arrête, c'est pas gentil ! » « Je vais le dire ! » On se vexe, on s'énerve, on montre que ça atteint.
Puis on s'arrête, et on se pose la question :
Si j'embêtais quelqu'un et qu'il réagissait comme ça… est-ce que j'aurais envie d'arrêter, ou de continuer ?
La réponse est presque toujours la même : c'est drôle, ça marche, l'autre a « gagné » son effet. Ça donne envie de recommencer.
Deuxième scène. On rejoue exactement la même chose. Mais cette fois, la réponse est détachée.
« Ah. Tu penses ça ? »« OK, si tu le dis. »« Et alors ? »« Tu as le droit de le penser. »
Sans colère. Sans vexation. Comme si les mots glissaient, comme l'eau sur les plumes d'un canard.
Et de nouveau, la question :
Là, est-ce que c'est toujours aussi tentant de continuer ?
Troisième temps. On inverse les rôles, et on s'entraîne à répondre avec détachement, ou avec humour. « Ah, tu le penses ? » « Si tu le dis. » Tout ce qui montre qu'on n'est pas touché.
Refaites-le plusieurs fois pendant les vacances. Comme un jeu, jamais comme une leçon.
Pourquoi ça marche.
Celui qui se vexe, qui riposte ou qui menace donne exactement à l'autre ce qu'il cherche : une réaction. La preuve que ses mots ont un pouvoir.
Celui qui répond avec détachement retire ce pouvoir. Il n'y a plus rien à gagner. L'attaque s'arrête d'elle-même, parce qu'elle n'a plus d'effet.
Ce n'est pas « ignore les autres ». C'est quelque chose de bien plus profond : les paroles des autres ne définissent pas votre valeur, et vous pouvez choisir de ne pas les laisser vous atteindre.
Et c'est là que ce petit jeu dépasse largement la cour de récréation. Parce que cette compétence - ne pas tendre à l'autre la télécommande de nos émotions - c'est exactement celle qui nous manque, à nous aussi, adultes, face à ceux qui nous blessent.
Alors jouez-y avec vos enfants. Mais gardez l'outil pour vous aussi.
La prochaine fois qu'une parole cherche à vous atteindre, vous saurez répondre - au moins intérieurement - par un tranquille « et alors ? ».



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