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Accueillir le ressenti : l'exercice qui apaise en quelques minutes

1 oct.
3 min de lecture

Nous avons vu qu'il ne sert à rien de lutter contre les pensées, et que la vraie porte se trouve dans le corps. Reste à savoir comment l'ouvrir.

C'est très simple, et pourtant nous ne l'avons jamais appris.


Poser son attention

Quand une émotion se manifeste, au lieu de vous précipiter dans les pensées qu'elle génère, arrêtez-vous. Descendez dans votre corps et allez la trouver. Où est-elle ? Dans le ventre, dans la poitrine, dans la gorge ?

Puis observez-la, comme vous regarderiez quelque chose pour la première fois. Quelle est sa forme ? A-t-elle une couleur ? Est-elle chaude ou froide, dense ou légère, immobile ou parcourue de mouvements ? Vous n'avez rien d'autre à faire que regarder.


Observer, sans commenter

Voici le plus important : vous observez sans commenter. Sans chercher à comprendre, à analyser, à expliquer. Dès que le mental se remet à raconter, vous revenez doucement à la sensation, à sa texture, à sa présence dans la chair. Vous ne cherchez pas à la faire partir. Vous restez simplement avec elle, telle qu'elle est.


Une part de vous oubliée

Car ce ressenti est une part de vous. Une part que vous avez longtemps oublié d'écouter. Elle attend depuis des années, parfois depuis l'enfance, que quelqu'un se tourne enfin vers elle.

Alors accordez-lui votre attention comme on se penche vers un enfant qui a peur. Dites-lui que vous êtes là, maintenant, pour elle. Que vous ne vous en allez plus.


Vous pouvez même lui adresser de la gratitude. La remercier d'être là. Car cette sensation, aussi désagréable soit-elle, n'est pas votre ennemie : elle est venue pour vous protéger, à une époque où vous en aviez besoin.


Lui laisser toute la place

Offrez-lui l'espace. Dites-lui qu'elle peut prendre toute la place qu'elle veut, grandir si elle en a besoin, se déplacer. Puis restez là, en présence avec elle, le temps qu'il lui faudra. Ne soyez pas pressé.

Vous verrez alors quelque chose de très doux se produire. La sensation se sent enfin reçue. Et vous pourrez ressentir à quel point elle est reconnaissante pour l'attention que vous lui apportez. Elle va rester encore un peu, tranquillement. Puis, petit à petit, elle va se transformer. Elle diminuera, s'évaporera, ou se déplacera avant de se dissoudre.


Laissez-la faire. Sans "souhaiter qu'elle disparaisse", en observant simplement.


Et quand elle s'en ira, elle laissera derrière elle un peu plus de calme, un peu plus d'espace, un peu plus de vous. Vous n'aurez combattu personne. Vous aurez seulement écouté.


Quelques minutes, sans danger

Ne redoutez pas cet exercice. Il ne dure que quelques minutes, parfois moins. Et il n'a rien de douloureux - bien moins, en tout cas, que les pensées qu'il apaise. Une sensation n'est pas une souffrance.

Mieux : vous pouvez le faire partout. En pleine conversation, en pleine réunion. Personne ne voit rien. C'est parfaitement discret.


Un acte d'amour envers soi

Et il se passe autre chose, de plus vaste. Chaque fois que vous accueillez ainsi un ressenti, vous augmentez votre confiance et votre amour de vous. Car prendre en compte son ressenti, c'est se prendre soi-même en compte. C'est cela, très concrètement, s'aimer.


Je le pratique depuis des années, et je l'ai transmis à d'innombrables personnes que j'accompagne. Une angoisse, une peur, un mal-être qui, l'instant d'avant, semblaient tout écraser, se transforment et s'apaisent en quelques minutes.


Et le mieux-être est immédiat : vous n'avez pas des semaines à attendre.

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