Et si ce que vous appelez amour n'était que du manque ?
Il faut maintenant que je vous parle de l'amour, parce que c'est peut-être sur lui que nous nous trompons le plus. Et cette erreur n'est pas anodine : c'est sur elle que nous bâtissons nos couples, nos attentes, une grande partie de nos vies.
L'amour n'est pas une émotion
Nous croyons que l'amour est une émotion. Quelque chose qui monte et redescend, qui s'enflamme et retombe, qui va et vient au gré des événements. Un jour on aimerait davantage, un autre jour moins.
C'est faux. L'amour n'est pas une émotion. C'est un état d'être. Quelque chose de bien plus profond, de bien plus calme, qui ne dépend pas de ce qui arrive. Il ne vient pas et ne repart pas. Il est là, tout le temps.
Le manque déguisé en amour
Alors qu'est-ce que nous ressentons, dans la relation amoureuse, que nous appelons amour ? Le plus souvent, c'est autre chose. C'est le manque. Cette contraction quand l'autre n'est pas là, cette attente, ce pincement, cette impatience de le revoir.
Nous avons pris cette vibration du manque, et nous l'avons confondue avec l'amour.
Cette confusion est souvent née dans l'enfance. Avec nos parents. Quand ils n'étaient pas là, nous ressentions ce manque, ce vide qui appelle. Et sans le savoir, nous avons appris à nommer cela l'amour. Le manque et l'amour se sont noués ensemble, très tôt, au point de devenir indiscernables.
Puis, devenus adultes, nous rejouons la même scène. Nous cherchons, sans nous en rendre compte, la personne qui saura nous faire ressentir ce manque. Son absence, l'attente de ses messages, le serrement quand elle s'éloigne. Et nous nous disons : je l'aime, puisqu'elle me manque.
Alors que ce n'est que le manque qui revient, fidèle à lui-même.
L'amour est constant
Prenez l'amour que l'on porte à ses enfants. Il est là tout le temps, sans condition et sans interruption. Et il arrive, par moments, qu'ils nous manquent. Alors on se dit : ils me manquent, c'est donc que je les aime.
Mais non. L'amour, lui, était déjà là, entier, qu'ils soient dans la pièce d'à côté ou à l'autre bout du monde. Ce que l'on ressent dans leur absence, ce n'est pas l'amour, c'est la vibration du manque. On ne les aime pas davantage quand ils sont loin. On les aime tout le temps.
On aime tout le temps
C'est l'une des grandes confusions de nos cultures. Nous confondons l'amour avec des sensations : le manque, l'excitation de retrouver quelqu'un, le battement de cœur, le frisson. Mais tout cela, ce sont des émotions. Elles montent, elles retombent, elles passent.
L'amour n'est pas cette agitation. Il est plus calme et plus profond, assis dans l'être. Il ne connaît pas les intermittences.
Et le jour où vous faites cette distinction, où vous cessez de confondre la présence tranquille de l'amour avec le vacarme du manque, quelque chose se libère. Vous pouvez enfin reconnaître le manque pour ce qu'il est, une vieille vibration souvent née dans l'enfance, et la guérir, au lieu de construire toutes vos relations sur elle.




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